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karine parle de greg ca me fé pleurer

Interwew de karine dans paris match

Paris-Match : Comment s'est passée votre rencontre ?

Karine : C'était en septembre 2005, nous nous sommes rencontrés par l'intermédiaire d'une amie commune, Laëtitia, qui est aussi notre maquilleuse.Un jour, Grégory appelle Laëtitia sur son portable pendant qu'elle me maquillait."C'est Grégory de la Star Ac' !" me dit-elle en aparté."Ah oui...il est pas mal lui !" ai-jr répondu.Elle raccroche et me dit : "Eh ben figure-toi que lui aussi vient de me dire qu'il te trouve plutôt charmante." Mon sang n'a fait qu'un tour. J'ai demandé à Laëtitia de lui donner vite mon numéro de téléphone...C'était la première fois que je faisais un truc pareil !

Paris-Match : Et alors ?

Karine : Et alors il m'a envoyé un SMS : "Salut Karine, c'est Greg. Si ça te dit qu'on se rencontre pour échanger nos expériences de télé-réalité, tu peux me joindre à ce numéro." Très soft ! Je l'ai tout-de-suite rappelé. Il était un peu gêné, parlait beaucoup de lui, comme s'il avait peur des blancs, et puis il a fini par me demander : "et toi sinon, comment ça va ?" Je lui ai dit qu'il valait mieux qu'on se voit en tête-à-tête pour en discuter...

Paris-Match : Quand vous êtes-vous vus pour la première fois ?

Karine : Une semaine plus tard, dans son appartement du 5e arrondissement de Paris où il habitait à l'époque. "Je t'ai préparé un repas !" me dit-il tout fier. C'était du veau sauté avec des pommes de terre, en réalité préparé par sa mère, je l'ai su plus tard. Il n'y avait pas de chandeeles, on a passé la soirée à se chambrer et quand je suis partie, je me suis dit : "Il va me prendre pour une folle." Cela n'a pas raté, puisqu'il m'a avoué par la suite avoir dit à son père qu'il m'avait trouvée "complètement déchenillée".

Paris-Match : Qui a fait le premier pas ?

Karine : C'est moi. Mais pas ce soir-là. Après il a fallu que j'attende six mois pour qu'il me dise "je t'Aime" pour le première fois; Je n'en pouvais plus mais j'aimais ça ! Greg était très timide : il se frottait les mains et ne jouait pas les gros bras. ce n'était pas un coureur. je crois qu'il avait peur de ne pas plaire, que les filles ne supportent pas sa vie, ses traitements et la maigreur causée par sa maladie. j'ai connu trois hommes dans ma vie et Greg est le seul dont j'ai pu me dire : "S'il dort à côté d'une Top-Model dans le même lit, il n'y touchera pas."

Paris-Match : Comment avez-vous vécu avec la Mucoviscidose ?

Karine : Avant notre première rencontre, je m'étais renseignée sur Internet. Je lui ai posé des questions sur ses médicaments. Il en a parlé comme si c'était quelque chose de banal. Greg voulait vivre une histoire d'amour normale. Sa maladie nous empêchait peut-être de partir tôt le matin, à cause des soins, mais elle n'a jamais eu de répercussions sur notre vie intime. Je dirais même que, des hommes que j'ai connus, Greg était le meilleur.

Paris-Match : Ni sa timidité ni la maladie n'étaient donc un problème...

Karine : Je lui disais souvent : "T'es sec mais tu as de la force comme Bruce Lee." Il avait des abdos très durs, de vraies plaquettes de chocolat créées par ses quintes de toux. Il était surtout maigre au niveau des bras car il ne pouvait pas faire de sport, ce qui lui manquait beaucoup. Comme sa maladie l'empêchait d'assimiler les graisses, il était incapable de grossir.

Paris Match : Où avez-vous passé vos plus beaux moments ensemble?

Karine : A la dernière Saint-Valentin, on a dîné aux chandelles à Deauville, au Normandy, et joué au black jack, c'était magique. Pour fêter notre premier anniversaire de rencontre, il a loué une limousine avec chauffeur et m'a emmenée au George V. Là, on s'est retrouvé dans la plus belle suite du palace, et on avait un maître d'hôtel à disposition. Il y a eu aussi cette soirée chez lui pour mes 24 ans, où il m'a offert une bague en or. Ce soir-là, il s'était mis en tête de cuisiner des pâtes. Manque de chance il a confondu l'ail et l'oignon. On a eu beau se laver les dents quatre fois, on n'arrivait pas à s'embrasser!

Paris Match : Qu'est-ce qui vous plaisait chez lui?

Karine : Greg est l'homme le plus tendre, le plus doux, le plus attentionné que j'ai connu. Il était très tactile. Quand on s'endormait ensemble, il fallait toujours qu'on se touche. Comme j'ai les pieds froids, il me les réchauffait. Quand il était malade, il adorait que je lui masse les fesses, ses petites fesses. Il aimait bien aussi que je lui passe les mains dans les cheveux et que je lui serre le crâne, ça lui faisait du bien.

Paris Match : Qu'est-ce qui vous rapprochait?

Karine : On était d'accord sur tout, on avait la même rage de prouver qu'on a du talent et qu'on veut apprendre. Il travaillait beaucoup comme moi. Nos soirées, on les passait entre amis, ou seuls devant un bon DVD avec une pizza, quitte à faire une bataille de polochons jusqu'à 4 heures du matin. Il n'y a que le foot, que je déteste, qui nous séparait. On aimait regarder des films d'horreur et parfois des films d'amour car Grég savait que j'adore ça. Il a beaucoup aimé "La Môme" qui lui a chamboulé la tête. Quand je repense à la douleur d'Edith Piaf en apprenant la mort de Marcel Cerdan, je n'imaginais pas être un jour dans la même situation. J'aurais juste aimé qu'on me laisse Grég encore un peu. Il me manque, physiquement.

Paris Match : Comme dans le film, avec lui cétait à la vie, à la mort...

Karine : Grég voulait construire une famille et nous voulions avoir des enfants ensemble. En février dernier, il avait loué une maison à Rueil-Malmaison à côté de chez mes parents où j'habite encore, et nous comptions nous y installer ensemble à sa sortie de l'hôpital, après la greffe.

Paris Match : L'avez-vous senti décliner?

Karine : Non. Des passages à l'hôpital, c'était devenu courant. Parfois, quand il y était, je mentais aux autres : pour justifier son absence, je leur disait qu'il était chez lui en Savoie, ou en tournée. C'était pour respecter son souhait de protéger ses proches vis-à-vis de sa maladie.

Paris Match : Comment avez-vous vécu ses dernières heures?

Karine : Dimanche, juste avant qu'on le plonge dans le coma, je lui ai dit : "Je suis là mon petit chat, tu sais, on va t'endormir, il faut que tu sois très fort. Quand tu te réveilleras tu auras des poumons greffés tout neufs." Il a eu la force de me répondre : "Je t'aime."C'étaient ses derniers mots. Grég était l'homme de ma vie, personne ne m'avait rendu heureuse comme lui. Lui et moi portions le même bijou, un bracelet en forme de menottes, symbole de notre union à jamais. Il est parti avec le mien. J'ai pris le sien. Je le garderai toujours.

# Posté le samedi 19 mai 2007 14:05

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